Chers amis, adhérents, anciens adhérents, sympathisants du MoDem 06

Il est tant que je m'adresse à vous dans le cadre des prochaines élections départementales et nationales du Mouvement Démocrate qui se déroulent à partir de ce samedi.

Engagé depuis de nombreuses années, avec vous derrière François Bayrou, ayant participé à la fondation du Mouvement Démocrate, adjoint des référents provisoires, puis Vice-Président du MoDem 06 avec Loïc Dombreval et enfin Président prenant sa suite en 2009 et élu en 2010, puis réélu en novembre 2014, il est temps de laisser la place.

J'ai décidé en 2014 que se serait mon dernier mandat de Président, pour ne pas subir d'usure, ni se laisser trop gagner par une routine autant confortable que sclérosante. Je ne veux pas cumuler mandats, fonctions et responsabilités.

Je souhaite me recentrer sur mon travail d’élu local, qui me passionne et qui est très prenant dans ma commune de Castagniers. Et, car il ne faut pas avoir peur de son ambition, préparer les municipales de 2020 sera passionnant et prenant. J'y reviendrai.
Je m’apprête donc à quitter la présidence du MoDem des Alpes-Maritimes avec le sentiment du devoir accompli dans l’animation d’un mouvement qui occupe une place majeure dans le paysage politique, mais pas encore assez dans notre département.

Bien sûr, j'ai des regrets. J'aurai tant aimé par exemple réussir dans notre engagement de créer cette fabrique d'idées et d'espoir que je vous proposais il y a trois ans ! Mais la «technostructure» pourtant bien pensée a terrassée notre bonne volonté. Notre compromis pesé entre travail collaboratif à distance, exposés, rencontres physiques de petits groupes de travail, travaux collectifs ou particulier, n'a jamais vraiment débuté.

Je pourrai m'appesantir sur notre absence au Conseil Départemental des Alpes Maritimes ou dans certaines grandes villes, Antibes, Grasse, mais je préfère me réjouir de notre fougue à Menton, dans la Roya, qui a payé et paiera, de notre rébellion à Nice en 2014 qui a permis, galvanisés à quelques uns, et contre l'ordre établi, soi disant immuable, de vivre une aventure plurielle trans-partisane sans laquelle jamais nous n'aurions pu avoir ensuite un dialogue et une collaboration avec la « Droite » locale classique. En allant vers notre « modération », elle s'est ouverte, et nous a offert des élues régionales en même temps que nous repoussions ensemble le risque que l'extrême droite arrive au pouvoir en PACA. Sans que j'oublie le travail et la confiance du MoDem national qu'a si bien relayé Marc Fesneau.

Nous avons et avons eu des premiers Adjoints, des Adjoints, des Conseillers métropolitains, municipaux. Des maires sont (très) proches de nous, partagent notre éthique, nos valeurs, quand ils ne partagent plus directement nos combats, avec ou sans notre bannière orange.

Seuls européens convaincus de la nécessité de plus, de mieux d'Europe, nous avons soutenu Sylvie Goulard, femme politique d’exception, notre Députée européenne. Nous nous sommes informés, formés avec les amis du Mouvement européen, avons débattus avec les eurosceptiques de toutes obédiences.

Et puis je n'oublie pas que toutes ces années des journalistes nous ont regardé avec une quasi tendresse. Petits médias, grands médias, alter-médias en ligne...
Ils nous ont interpellé, ils ont critiqué notre posture parfois, posture faite de complexe ou de circonvolutions. Certains nous ont conseillé. D'autres nous ont soutenu, je pense à l'agression villeneuvoise que j'ai subie par un policier municipal en civil, nervi multi-condamné. Je n'oublie pas que cette affaire a été classée «sans suites» par une justice frileuse, ou qui ne comprend pas bien les enjeux d'une démocratie confisquée par le plus fort, quelque soit ses pratiques.
D'autres journalistes enfin se sont toujours fait échos de nos trop rares communications externes. Rares car nous nous sommes toujours refusés à faire de la com' pour la com'. Nous avons refusé de communiquer sans analyses ou propositions de fonds. Car nos actions concrètes et fortes, nous les avons mené souvent discrètement, différemment, dans nos clubs, nos réseaux, nos associations ou encore notre fort engagement professionnel, syndical. Sans doctrine, sans dogme, à part le bon sens, le respect et la tolérance.

Dans ce mot de bilan que je vous adresse, je préfère aussi me rappeler et évoquer chaque campagne ou nous sommes allés au combat, humblement mais avec nos valeurs et notre courage. Sans expérience au début, sans moyens toujours, mais aussi sans tricheries, sans attaques stériles de l'autre et sans coups bas.

Je sais que nous n'avons pas encore trouvé le secret, l'alchimie qui fait de vous sympathisants, des adhérents, puis des acteurs engagés, des militants politiques dont nous aurions eu tellement besoin en plus de nous sur le terrain. Je souris en vous écrivant cela , car je sais ce que militer veut dire : vous aussi, c'est peut être ce qui vous freine. Mais pourquoi faire le compte de ce que cela nous coûte, ou de ce que cela nous rapporte ? Préférons vivre avec quelques regrets que des remords ! Nous avons essayé, et nous avons même réussi des choses.

Il est temps de remercier les compagnons de route qui m’ont accompagné dans ces années de responsabilité, qui n’ont ménagé, comme moi, ni leur temps, ni leur énergie, ni leur soutien, et sans lesquels rien n’aurait été possible. Mes souvenirs, mes pensées ont le goût des cuillerées de ce pot de sel et d'amitié que nous avons partagé.

Comme la politique est véritablement dure, certains ont négligé un peu leur famille, pris des risques professionnels. Je ne l'oublierai jamais. Car nous avons essayer de rendre la Politique belle, noble. Ce but dépasse nos seules personnes. Notre seul intérêt.

Je peux faire aujourd'hui le témoignage que j'ai douté, parfois. Nous sommes des petites mains, des bénévoles. Certains disent militants quand ils en ont la culture. Mais combien de fois ai-je pensé que, sur la Côte d'Azur ou partout en France, le MoDem n'était qu'une caution de démocratie pour la Politique en France. Que le système ne changerait pas. Étant fait d'humains, trop simplement humains finalement. Et puis, l'alliance avec les marcheurs a fait que le centre au pouvoir est redevenu une réalité.

Bien évidemment, je reste dans ma famille politique de toujours, le Centre et le Mouvement démocrate, et je reste un tout petit peu aux affaires, en acceptant d'être colistier de la varoise Chantal Portuese et de toutes nos Conseillères régionales PACA pour l'élection des Conseillers nationaux (vote régional par internet) mais aussi, si vous votez pour nous, de siéger au Conseil Départemental 06.

Je soutiens bien évidemment Nicolas Roland, seul candidat à la Présidence, lui qui était secrétaire et trésorier de la fédération. Je lui demanderai après son élection s'il veut bien me confier la tâche de détecter des personnalités singulières, de talent, ayant un germe d'ambition pour les municipales 2020. Et je me lancerai alors dans la formation et la stratégie nécessaire qui dans deux ans, nous permettra d'exister plus, avec des élus municipaux et communautaires dans chaque territoire et au moins dans une trentaine de villes grandes ou moyennes, ou bien très modestes de notre département.

Avec plaisir, je passe le relais à Nicolas Roland, qui apportera sans aucun doute son analyse, son recul et sa gentillesse doublée de sagesse à notre équipe, au MoDem 06. Pour de nouveaux projets, de nouvelles méthodes, une autre forme de leadorat dont a véritablement besoin notre mouvement en 06. Une « continuité différente ! »

Vous êtes d'accord ? Vous êtes prêts à relever ce défi ?
A samedi, à St Laurent du Var pour en parler et pour l’élection.

Bien respectueusement
Fabien Bénard